Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
Ecriture(s) lecture(s) : résonance(s)

Littérature adulte

, 06:26am

Publié par Misseau Lieterreair

Je suis mort un soir d'été

Härri Silvia
Orbe : Campiche, 2016 ; 168 p.


extrait p. 113


Roman porté par une trame émotionnelle forte, dont il est utile de se détacher de temps en temps au cours de la lecture si l'on veut éviter d'y succomber. Une auteure suisse toute en finesse et subtilité, sachant mettre en mots les états d'être, les états d'âme. Il est confondant de rencontrer ses personnages, car ils sont si proches de nous par leur simplicité, ce sont des héros du quotidien.

 

Comme dans Nouaison, où Silvia Härri nous raconte la maternité, de l'intérieur... intimité des doutes et de l'attente.

ou dans Loin de soi, où les nouvelles se succèdent dans une suite de portraits aux tranches de vies si distinctes et nous font nous interroger sur notre rapport à l'autre. Notamment une nouvelle sur une Rom, destin tragique qui émeut mais qu'en est-il de mon, de notre regard, sur celle que l'on croise dans la rue ? Est-ce la même ? On en sort pas indemne.

 

Nb : une mention pour la maison d'édition Bernard Campiche qui soigne ses parutions. Ainsi le moment de lecture est avantageusement servi par la qualité du papier et le format choisi.

 

 

 Zoli
McCann Colum
Paris : Belfond, Collection "Littérature étrangère", 2007, 328 p.

 

Résumé

Des plaines de Bohème à la France, en passant par l'Autriche et l'Italie, des années trente à nos jours, le portrait tout en nuances d'une femme insaisissable. Tzigane, poétesse, libre et fougueuse, son parcours de vie de sa jeunesse, aux côtés de son grand-père, jusqu'à un âge avancé où son passé la rattrape, tout cela sur un fond de bouleversements politiques et aussi de grandes souffrances.

Analyse

" Voilà ce que je suis, pense-t-elle : je me suis donnée en spectacle et aujourd'hui je mange les miettes. Il est toujours possible de faire demi-tour - il n'y a rien à prouver. Mais je suis arrivée jusque-là, je n'ai pas plus de raisons d'avancer que de rebrousser chemin. " p. 201

" Toutes les épreuves, chonorroeja, portent en elles un éclat de rire. " p. 240

" - Alors je lui dis quoi ? - Dis lui qu'on atteint jamais rien. - Comment ? - Que les choses ne sont jamais totalement comprises, c'est ça que j'aimerais dire. " p. 322

Félicitations au traducteur, (il me semble qu'on les oublie un peu vite) Jean-Luc Piningre, car il a su préserver le rythme et la grande sensibilité du récit, et bien rendre compte de la corde raide qui lie les acteurs de ce roman au travers des épreuves qu'ils endurent. Car c'est un roman polyphonique, où l'on suit des destins qui se croisent pour cheminer ensemble un moment et se délier.

Avis personnel

Comme les personnages qui croisent Zoli, je n'ai pas su la quitter facilement (j'ai fait traîner la lecture). Elle m'a habitée ou je l'ai habitée. Une rencontre, riche et un parcours acharné, que l'on suit pas à pas, parfois douloureux. Comme dans une histoire vraie dont s'est librement inspiré l'auteur, celui de Papusza (Bronislawa Wajs).